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Lundi 17 Juillet 2006

          

Backmail - Chantage - Hitchcock - 1929

noir & blanc - 81 minutes

scène & réalisation:  Alfred Hitchcock

musique: Campbell & Connelly

          "Chantage" est le premier film  anglais entièrement parlant, d'ailleurs, Hitchcock  a  volontairement conservé les premières scènes muettes de son film, sans les retoucher, après l'arrivée du parlant. Malgré l'absence de dialogue, elles tiennent le spectateur en haleine: deux hommes  qu'on devine être des policiers forcent une porte, montent un escalier, ouvre une seconde porte avec précaution  et pénètre dans la chambre d'un suspect. Ce dernier leur fait face, le visage et le  haut du corps entièrement dissimulé derrière un journal. Il fait mine de ne pas les  avoir entendu entrer. S'en suit alors  un moment d'attente pendant  lequel la caméra nous montre successivement  l'homme de face lisant son journal et les deux  policiers  visiblement en alerte.  L'homme  tente alors très lentement de s'emparer d'un pistolet, posé sur un meuble à côté de lui,  sans se défaire de son journal. A ce moment-là, les deux policiers se précipitent sur lui et l'emmènent de force  à Scotland Yard.

    

      On se laisse  facilement prendre à cette histoire de chantage qui réserve de bons moments de suspens. Alice White est fiancée à Franck, l'un des policiers de  la scène d'ouverture. Par naïveté, elle se laisse convaincre par un artiste  peintre qu'elle connaît à peine de monter chez lui.  Après  avoir longuement hésité, elle accepte l'invitaton. Il lui  propose alors d'enfiler un tutu suspendu au mur et de la peindre. Il essaie ensuite d'abuser d'elle. La scène, assez courte, est  tournée avec beaucoup de pudeur. L'agression n'est pas montrée, mais uniquement suggérée par des jeux d'ombres et des mouvements de rideau et  les cris de la jeune femme. Il en va de même pour la scène dans laquelle Alice  tue son agresseur en état de légitime défense. On voit simplement sa main se glisser dans l'embrasure du rideau et se saisir d'un couteau, posé sur un meuble.  Le cadavre n'est pas montré non plus. C'est aux gestes lents et désorientés d'Alice dans la scène suivante qu'on devine qu'il y a eu meurtre. Alice quitte l'appartement avec précaution et s'enfonce  dans la nuit, hantée par son crime.

         

           Franck est chargé de l'enquête et   retrouve , à sa grande surprise, dans l'appartement du défunt, un des gants  de sa fiancée. Il se précipite  chez ses parents.  Au moment où il tente de l'interroger   sur les évènements de la veille, un inconnu se présente, interrompant leur conversation. L'homme se révèle être un maître-chanteur: témoin du meurtre, il entend  bien profiter de la situation...

      

              Ce film se veut  concis, efficace et sans temps mort. On  n'a ni le temps, ni même l'opportunité de s'ennuyer.  En plus de l'histoire, j'ai particulièrement apprécié deux petites choses.

1°- Le film est construit en boucle. La scène finale  est presque la même que celle qui suit les scènes d'ouverture muettes: mêmes personnages, même  cadre spatial...seule l'atmosphère  a changé...

2°- L'apparition du réalisateur, au début du film, est des plus comiques. Il apparaît, en effet de face, assis dans un train, derrière  Alice et Franck qui se rendent au restaurant. Alors qu'il lit tranquillement son journal, un petit garçon le taquine et rabat son chapeau sur ses yeux. Le  réalisateur, devenu brièvement personnage, essaie de se défendre comme il peut.

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